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Trois jours sur la Route du Prosecco : ce qu'on a bu et ce qui nous a surpris

Trois jours sur la Route du Prosecco : ce qu'on a bu et ce qui nous a surpris

À quoi ressemblent vraiment les collines du Prosecco

On avait traversé la Vénétie sur l’A27 auparavant — l’autoroute nord depuis Venise vers les montagnes, à travers la plaine agricole plate autour de Trévise. Les collines du Prosecco apparaissent soudainement à droite après la sortie de Conegliano : escarpées, en terrasses, d’un vert improbable en septembre, les rangées de vignes courbes sur les flancs de collines en motifs qui ressemblent moins à de l’agriculture et plus à une sorte de géométrie terrestre formelle. La désignation UNESCO (2019) visait le paysage culturel, pas seulement le vin, et quand on le voit depuis un virage en montant au-dessus de Valdobbiadene, on comprend la distinction.

Les collines entre Conegliano et Valdobbiadene sont le cœur du Prosecco Superiore, la désignation DOCG qui distingue le produit sérieux du Prosecco DOC de base qu’on trouve en supermarché. Le terrain est trop escarpé pour la récolte mécanique. Tout se fait à la main. Les seuls coûts de main-d’œuvre expliquent en partie la différence de prix.

Premier jour : arriver via Trévise

On a conduit depuis Venise — environ 50 minutes sur l’A27 jusqu’à Trévise, puis encore 30 minutes vers le nord sur des routes plus petites jusqu’à Valdobbiadene. On pourrait faire ça sans voiture en train et en bus, mais les visites chez les petits producteurs sont bien plus difficiles à organiser sans son propre transport.

Trévise vaut l’arrêt si on a une heure. Le centre-ville a un système de canaux qui rappelle Venise en miniature, moins célèbre et proportionnellement plus agréable. La Piazza dei Signori est vraiment belle. Le dialecte local a donné au monde le Prosecco et le tiramisu, ce qui semble une contribution déraisonnable pour une ville de taille moyenne.

On a dîné à Trévise ce soir-là — la cuisine est ancrée dans la tradition vénète, plus consistante que Venise, plus viande et polenta. Le radicchio di Treviso, la variété à feuilles longues avec la saveur amère en finale, est disponible à partir de septembre et figurait sur tous les menus qu’on a vus. Si on aime les saveurs amères, c’est excellent. Sinon, on commande en l’évitant.

Deuxième jour : les petits producteurs

Les grands noms du Prosecco sont les marques multinationales (Mionetto, Martini, Zonin) qui produisent des millions de caisses et exportent mondialement. Ils sont efficaces et constants. Ce n’est pas non plus la raison pour laquelle on vient dans les collines.

Les petits producteurs — des familles qui exploitent dix ou quinze hectares sur les flancs de collines en terrasses escarpées — font un vin qui a un goût différent. Pas toujours meilleur dans l’absolu, mais plus particulier. Il y a des saveurs dans un Prosecco rive (d’un flanc escarpé spécifique désigné par commune et village) qu’on ne trouvera nulle part ailleurs : la touche minérale, les notes de pomme et de poire ajustées par l’altitude et le sol, la finale qui reste sèche plutôt que de s’effondrer dans la douceur.

On a visité trois producteurs au cours de la journée, tous pré-arrangés par e-mail une semaine avant. Deux proposaient des dégustations formelles avec de petits frais ; l’un nous a simplement invités à se tenir dans la cave, nous a fait goûter quatre vins de ses échantillons en cuve, et nous a vendu six bouteilles à 9 € chacune. Les informels sont souvent les meilleurs.

Si on vient sans voiture et qu’on veut visiter plusieurs producteurs, un circuit guidé du Prosecco depuis Venise gère la logistique et la conduite et inclut typiquement deux visites de domaines avec dégustations, le transport et souvent un repas.

Circuit exclusif en petit groupe sur le Prosecco depuis Venise avec 2 domaines

Le guide des collines du Prosecco a des notes sur plusieurs producteurs spécifiques et les différences entre les styles de Valdobbiadene, Cartizze (le célèbre cru de flanc de coteau) et Conegliano. Cartizze est le plus cher et le plus débattu — le coteau fait 107 hectares et tout ce qui en provient porte une prime. Qu’il justifie le prix est une conversation que les producteurs locaux ont à peu près chaque soir.

Le goût de Cartizze

On a acheté une bouteille chez un producteur dont la famille possède son lot de Cartizze depuis quatre générations. Elle l’a versée pour nous dans une salle surplombant la vallée, le flanc de coteau visible derrière elle par la fenêtre. C’était un vin mousseux — fines bulles, persistantes — avec de la pêche blanche et du litchi au nez, assez sec en bouche malgré les fruits, et une finale qui durait plus que prévu.

Valait-il trois fois le prix des bouteilles rive qu’on avait goûtées le matin ? Probablement pas en termes de valeur pure. En tant qu’expérience d’un endroit spécifique à un moment précis, de goûter quelque chose qui provenait exclusivement de ce coteau visible par cette fenêtre — oui, absolument. C’est ce que le grand vin nous vend.

Troisième jour : la vue d’en haut

Le troisième matin, on a conduit jusqu’à Rolle, un petit village au-dessus de Valdobbiadene à environ 450 mètres. Il n’est pas signalisé de façon touristique. Il y a un parking en gravier, une petite église, et un belvédère qui regarde vers le nord en direction des Dolomites (la neige encore visible sur les sommets les plus hauts en septembre) et vers le sud sur l’ensemble du paysage des collines du Prosecco — les terrasses qui descendent jusqu’à la vallée de la Piave, les villages visibles par intervalles, les tours lointaines de Conegliano à l’autre bout.

Cette vue est l’argument pour le road trip plutôt que le circuit de la journée. Non pas que le circuit de la journée ne soit pas excellent — il l’est, et c’est le bon choix si on n’a pas de voiture ou trois jours. Mais le road trip donne la lumière matinale sur les collines, les arrêts déjeuner dans des endroits sans site web, les conversations fortuites avec un local au bar qui a passé trente ans à travailler un coteau spécifique et a des opinions là-dessus.

La nourriture à côté du vin

Les collines vénètes ne se résument pas au Prosecco. La culture culinaire de la région entre Trévise, Conegliano et Valdobbiadene s’est développée parallèlement à l’industrie viticole : les fromages locaux (Piave, un fromage de montagne dur avec une légère finale caramélisée ; Morlacco, un fromage plus doux et plus frais de Castelfranco), les charcuteries (soppressa Vicentina, un salami mou aux épices), et le radicchio di Treviso (une chicorée amère forcée qui apparaît à partir d’octobre et figure sur tous les menus locaux jusqu’au printemps).

On a déjeuné le deuxième jour dans un agriturismo — un restaurant de ferme exploité par une famille viticole qui élève aussi des cochons et tient une petite cuisine. Le menu était fixe, trois plats, 22 € avec le vin. Charcuteries de leurs propres cochons, un risotto au fromage local avec du Prosecco intégré dans le fond, un ragoût de bœuf braisé dans le vin. C’était l’un des meilleurs déjeuners qu’on ait faits en Italie, une phrase que je ne déploie pas à la légère.

Le modèle de l’agriturismo est répandu dans les collines du Prosecco — beaucoup de petits producteurs de vin proposent aussi des déjeuners ou dîners simples. La réservation à l’avance est indispensable ; entrer sans réservation n’est presque jamais possible. Demandez à votre hôtel à Valdobbiadene pour des recommandations, ou consultez le site du Consorzio di Tutela del Conegliano Valdobbiadene Prosecco DOCG, qui liste les domaines membres.

Le retour à Venise

Le trajet retour a duré deux heures avec un arrêt à Trévise pour un dernier café. On avait douze bouteilles dans le coffre enveloppées dans nos vêtements les plus doux — le Prosecco Superiore ne voyage pas bien dans les bagages en soute, mais il va bien sur les autoroutes italiennes à une allure raisonnable. Si on rentre en avion, les services d’expédition de vin à Venise et Trévise emballent les bouteilles correctement pour la soute.

Le guide de l’excursion d’une journée aux collines du Prosecco couvre la version d’une journée depuis Venise si trois jours c’est plus que ne le permet l’agenda. L’itinéraire Vénétie 7 jours inclut Valdobbiadene comme étape pour la nuit si on construit un voyage régional plus long.

Dans tous les cas : allez-y. Les collines sont extraordinaires, le vin est honnête, et la Vénétie en dehors de Venise reste l’une des parties les plus sous-explorées du nord de l’Italie.

Comprendre les catégories de Prosecco avant de goûter

Le système d’étiquetage du Prosecco mérite d’être compris avant de visiter un producteur, parce que la terminologie affecte ce qu’on goûte et ce que ça coûte.

Prosecco DOC : Fait à partir de raisins Glera cultivés dans une zone plus large du Frioul-Vénétie Julienne et de la Vénétie. Le produit de base. Exporté largement. Typiquement 8 à 15 €.

Prosecco Superiore DOCG (Conegliano Valdobbiadene) : De la zone de coteau spécifique entre Conegliano et Valdobbiadene. Terrain plus escarpé, récolté à la main, plus complexe. 12 à 25 € au domaine.

Rive DOCG : Désignation de vigne unique dans la zone DOCG — la commune et le hameau spécifiques où ont poussé les raisins. Plus chers (18 à 35 €) et plus particuliers en saveur.

Cartizze DOCG : Le célèbre coteau de 107 hectares au-dessus de Valdobbiadene. L’appellation la plus prestigieuse du Prosecco. 25 à 50 € et plus la bouteille.

Extra Dry versus Brut versus Dry fait référence au niveau de sucre — Extra Dry (contre toute intuition) est légèrement plus sucré que Brut. La plupart des vins rive et Cartizze sont Brut ou Extra Brut, le fruit conduisant la perception de douceur. Le style Dry avec sucre résiduel est celui que préfère votre grand-mère à Noël.

Une note pratique sur le vin

Le Prosecco des collines va de 8 à 35 € au domaine. Le Cartizze commence à 20 € et monte rapidement. Le Prosecco DOC de base — ce qu’on boit dans les bars et les supermarchés — vient d’une région bien plus large et est un produit différent en termes de qualité et de méthode de production. Ni l’un ni l’autre n’est mauvais ; savoir lequel on achète aide à dépenser de façon appropriée.

Le Prosecco qu’on boit au petit-déjeuner à Venise (dans un Bellini ou un spritz) est presque certainement DOC ou moins. Les bouteilles qu’on achètera à Valdobbiadene à ramener chez soi sont du DOCG Superiore, ce qui est significativement différent. L’étiquette indique « Prosecco di Conegliano Valdobbiadene DOCG » sur le vrai.

Circuit viticole depuis Venise vers les collines du Prosecco avec dégustations